Depuis quelques jours, la France a accueilli une nouvelle avancée dans la lutte contre l’obésité avec la mise sur le marché de Wegovy, un médicament anti-obésité à base de sémaglutide, commercialisé par le laboratoire danois Novo Nordisk. Utilisé jusque-là uniquement dans le cadre de prescriptions hospitalières via l’ATU (Autorisation Temporaire d’Utilisation), dont 8 000 patients ont déjà bénéficié, Wegovy est désormais accessible à un plus grand nombre de personnes souffrant d’obésité sévère.

WEGOVY : UNE NOUVELLE APPROCHE POUR L’OBESITE SEVERE

Wegovy fait partie des analogues du GLP-1 (aGLP-1), des médicaments qui imitent une hormone naturelle du corps pour réduire l’appétit et réguler la prise alimentaire. Il est spécifiquement destiné aux patients ayant un Indice de Masse Corporelle (IMC) supérieur à 35 kg/m², correspondant à une obésité sévère, et étant âgés de moins de 65 ans.

Toutefois, ce médicament ne peut être prescrit qu’après échec d’une première prise en charge nutritionnelle et doit impérativement être associé à un régime hypocalorique et à une activité physique régulière. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a rappelé l’importance de respecter ce cadre médical strict pour éviter tout mésusage du produit, en particulier à des fins esthétiques par des personnes ne souffrant pas d’obésité.

Efficacité du Wegovy : étude STEP-3

L’étude STEP-3, qui comprend un programme de 8 semaines hypocalorique à 1000-1200 kcal basé sur des substituts de repas, suivi d’un apport de 1200 à 1800 kcal/j pendant 68 semaines, associé à de l’exercice physique et une thérapie comportementale, montre que le groupe recevant une injection hebdomadaire sous-cutanée de 2,4 mg de sémaglutide a obtenu une perte de poids moyenne de 16 %, contre 5,7 % pour le groupe placebo.

Reprise de poids : étude STEP-1

Dans l’extension de l’étude STEP-1 [1], les résultats montrent clairement que même les patients qui ont perdu rapidement du poids pendant les premiers mois de l’intervention avec semaglutide, et qui donc affichent les meilleurs résultats à la fin de l’intervention, sont concernés par la reprise de poids.

🚩Il faut garder à l’esprit qu’un médicament agit aussi longtemps qu’il est pris. Comme pour les antihypertenseurs ou les antibiotiques, une fois que le patient stoppe son traitement, il retourne à son état initial. Des changements radicaux du mode de vie (alimentation, exercice, sommeil, stress, etc.) sont essentiels pour un succès à long terme, et sont totalement indépendants du médicament

Wegovy, étude Step 1

75% des patients ressentent au moins un des effets secondaires ci-dessous :

Bien que Wegovy soit reconnu pour son efficacité dans la perte de poids, il est important de noter qu’il s’accompagne d’effets secondaires potentiellement significatifs. Les études cliniques ont rapporté des effets indésirables fréquents, parmi lesquels :

  • Nausées
  • Vomissements et diarrhées
  • Douleurs abdominales et constipation
  • Hypoglycémie

Un taux d’abandon allant jusqu’à 70% après 12 mois

C’est ce que déplore le Dr. Kraftson, endocrinologue et spécialiste de la prise en charge des patients en surpoids/obésité à l’Université du Michigan : « Des études en vie réelle font état de taux d’abandon allant jusqu’à 70% après 12 mois [de traitement avec les médicaments anti-obésité] ». Selon cet expert, ces échecs ne sont pas à tous mettre sur le dos d’effets indésirables ingérables. « D’autres éléments entrent en jeu, précise l’endocrinologue, comme un manque de conseil sur le médicament ou de suivi régulier. Dans mon service, de 25 à 30% seulement des patients abandonnent le médicament. Parce, je pense, ils suivent un programme qui leur offre éducation thérapeutique et soutien ».

Les recommandations de la l’Association Britannique de Diététique et de la Fondation Britannique pour la Nutrition, publiées le 2 mai 2024, insistent également sur l’importance d’associer aux médicaments anti-obésité des conseils sur l’alimentation et l’activité physique pour préserver la masse musculaire. Elles insistent sur la nécessité d’intégrer ces conseils dans un soutien au changement de comportement, les médicaments ne devant pas être perçus comme la solution miracle.

Perte de la masse musculaire

Un des effets secondaires le moins relaté par les médias mais qui inquiète pourtant beaucoup la communauté médicale, c’est la perte de masse musculaire qui accompagne la perte de poids avec les médicaments anti-obésité. En effet, sans conseils hygiéno-diététiques appropriés en particulier concernant la consommation de protéines, les patients se nourrissent trop peu, trop mal, faisant l’impasse sur des nutriments essentiels au maintien d’une bonne composition corporelle et d’une bonne santé générale.

Ceci est d’autant plus gênant lorsqu’on sait qu’à partir de 50 ans, la perte de masse musculaire s’intensifie, conduisant très souvent à la sarcopénie.

L’APPORT DU PROGRAMME RNPC : UNE ALTERNATIVE ET/OU UN COMPLEMENT

Le programme RNPC apporte plusieurs bénéfices significatifs dans la prise en charge de l’obésité, en complément ou en alternative aux traitements médicamenteux anti-obésité tels que Saxenda® (liraglutide), Wegovy® (sémaglutide), et bientôt Zepbound® (tirzépatide).

Pédagogie et déculpabilisation, une approche holistique pour des résultats durables

Le réseau RNPC propose un accompagnement unique qui repose sur une approche scientifique, pédagogique et humaine, axée sur la déculpabilisation du patient. Les diététiciens RNPC, au cœur de cette méthode, se distinguent par une pédagogie empathique qui place le patient au centre de sa prise en charge. Cette approche permet à chacun de comprendre les causes profondes de la prise de poids, qu’elles soient physiologiques ou comportementales, et d’être acteur de sa santé. L’accompagnement RNPC s’inscrit dans une démarche éducative continue.

Les patients sont suivis, écoutés et encouragés à chaque étape, notamment en leur expliquant les mécanismes physiopathologiques de la surcharge pondérale. Le rôle des diététiciens RNPC va au-delà de la simple gestion alimentaire : ils apportent un soutien moral essentiel, valorisent les efforts des patients et les aident à surmonter les obstacles sans jamais les culpabiliser.

Efficacité accrue des médicaments anti-obésité

Le programme RNPC comprend un suivi à la fois diététique, nutritionnel et comportemental, ce qui, d’après les résultats d’une étude scientifique franco-danoise[2], conduit à une perte de poids moyenne de 17% en seulement 8 à 9 mois. Ce suivi intensif contribue à potentialiser les effets des médicaments anti-obésité, raison pour laquelle tous les essais cliniques testant ces molécules avant leur mise sur le marché leur ont associé une telle intervention sur le mode de vie. Par ailleurs, l’effet synergique de ces deux méthodes, thérapeutique et non thérapeutique, pourrait permettre de réduire les doses de médicament administrées, contribuant ainsi à limiter les effets secondaires et améliorer la tolérance au traitement.[3]

Alternative pour les patients non éligibles ou en cas d’effets secondaires

Pour les patients qui ne sont pas éligibles aux traitements médicamenteux parce qu’ils ne remplissent pas toutes les conditions de prescription, qui doivent arrêter le traitement en raison d’effets secondaires trop difficiles à supporter, ou qui ne souhaitent tout simplement pas y avoir recours (peur des piqûres, méfiance vis-à-vis des médicaments), le programme RNPC représente une alternative efficace car permet d’obtenir des résultats comparables sur la perte de poids, sans les inconvénients précités.

Maintien de la perte de poids à long terme

La reprise de poids à la fin de l’intervention est la bête noire de toutes les méthodes de perte de poids. Stabiliser efficacement le poids est effectivement l’enjeu majeur et représente le défi le plus difficile à relever. Toutes les études cliniques concordent sur le fait que l’arrêt des médicaments anti-obésité, une fois l’objectif de poids atteint, est suivi d’une reprise de poids partielle ou totale [4]. Et pour la majorité des médecins, poursuivre le traitement à vie n’est pas une solution acceptable. Il faut anticiper ce rebond pondéral en mettant en place, dès l’initiation du traitement, un accompagnement diététique et comportemental intensif et personnalisé. Le patient doit apprendre à gérer son poids en toute autonomie, à faire les bons choix alimentaires, à adopter de bonnes habitudes de vie. Là aussi, la méthode RNPC a fait ses preuves. Sur une cohorte de 2996 patients ayant suivi l’intégralité des phases de stabilisation du programme RNPC, les chercheurs ont observé à la fois, une perte supplémentaire de 4-5 kg en moyenne, mais surtout une stabilisation du poids, prouvant ainsi que la reprise de poids n’est pas une fatalité si toutes les mesures ont été préalablement prises pour l’éviter.

Promotion de l’activité physique

Les diététiciens encouragent activement les patients à rompre la sédentarité et à bouger davantage. Les statistiques internes du réseau RNPC montrent une augmentation notable du niveau d’activité physique des patients passant d’un mode sédentaire (Niveau d’Activité Physique entre 0 à 1)[5] à un mode actif (NAP ≥ 3.5). Cette augmentation, même modérée, de l’activité physique permet non seulement de préserver la masse musculaire pendant la perte de poids mais de contribuer au maintien de celle-ci au cours du temps en augmentant les dépenses énergétiques.

En conclusion, il serait illusoire de croire que la seule utilisation des GLP-1 suffira à résoudre le problème de l’obésité en France. Certes, ces médicaments constituent un réel progrès dans le traitement de l’obésité si et seulement si leur prescription s’accompagne, comme l’indiquent leur autorisation de mise sur le marché (AMM) et les recommandations, d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique. Ce n’est qu’au prix d’un changement comportemental et nutritionnel radical que la lutte contre l’obésité sera réellement efficace. C’est exactement ce que propose le programme RNPC.

[1] Wildind JPH et al. Diabetes Obes Metab. 2022; 24(8):1553-64

[2] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2451847618300095?via%3Dihub

[3] https://www.medscape.com/viewarticle/weight-loss-maintained-slow-taper-semaglutide-2024a100095i?form=fpf

[4] https://dom-pubs.pericles-prod.literatumonline.com/doi/10.1111/dom.14725

[5] Le niveau d’activité physique (NAP) est une autoévaluation permettant d’exprimer l’activité physique quotidienne d’une personne sur une échelle allant de 0 (inactif) à 10 (très actif), par exemple les athlètes.

Photo centrale : Congrès 2023 – Rémy Legrand Fondateur du réseau RNPC, présentation « Apport du réseau RNPC dans la lutte contre les foyers ectopiques de graisse » face à un auditoire comble de professionnels de santé. Photo auditoire haut droit : congrès 2023, Pr Arne Astrup expert mondial dans la prise en charge de l’obésité, Pr Henrik Sillesen expert en chirurgie vasculaire, Pr Luc Van Gaal expert dans le syndrome métabolique, Pr Michael Lean co-rédacteur de l’étude DiRECT dont les résultats précédents avaient surpris toute la communauté scientifique. Photo bas gauche : ensemble des orateurs congrès 2023 : Dr Chassaing; Pr. Sillesen, Pr Peyrin Biroulet; Dr Brun; Dr Delasalle; Mr Hamidi; Pr Arne Astrup; Mr Rémy Legrand; Pr Jebb; Pr Lean; Pr Costentin; Pr Zaoui; Dr Sapene; Pr Gilles Mithieux.

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