Tout le monde médical s’accorde pour dire qu’une perte de poids modérée est non seulement un objectif réaliste mais également un traitement efficace de la stéatose hépatique non alcoolique (NASH), plus communément appelée “maladie du foie gras” (NB : On parle de stéatose hépatique lorsque les cellules du foie contiennent plus de 5 % de graisses). En effet une perte de 7 à 10 % du poids initial permet d’améliorer de nombreux paramètres biologiques et histologiques (notamment la fibrose du tissu hépatique, conséquence du remplacement du tissu hépatique fonctionnel par du tissu fibreux) lié à cette pathologie, diminuant ainsi le risque de complications hépatiques et cardiovasculaires.

Les données apportées par la chirurgie bariatrique

La chirurgie bariatrique est le traitement le plus radical et le plus performant pour obtenir une perte de poids rapide et importante chez les patients obèses morbides, avec une amélioration des comorbidités dont la NASH.

Une équipe de Lille a étudié une cohorte de 109 patients en état d’obésité morbide et souffrant tous de NASH avant leur opération de chirurgie bariatrique ; les résultats de leurs analyses ont été publiés en 2015 dans le journal Gastroenterology [1]. Les chercheurs ont constaté, dans 85 % des cas, une disparition complète de la maladie alors que l’indice de masse corporelle (IMC) moyen était passé de 49 à 37. Toutes les anomalies caractéristiques de la NASH étaient améliorées, les examens de contrôle montrant une diminution significative du taux de graisses contenues dans le foie, de l’inflammation des cellules du foie et de la fibrose.

Seul traitement efficace : la perte de poids

Si la chirurgie bariatrique fournit des résultats incontestables en termes de perte de poids, une intervention diététique entrainant une perte de poids significative (7 à 10 % du poids initial) et durable reste la méthode de choix pour traiter la NASH. Une étude majeure, menée à Cuba, a soumis 293 patients atteints de NASH à un programme d’intervention basé sur le mode de vie (régime hypocalorique appauvri en graisses et activité physique accrue) de 52 semaines [2].

Les résultats sont éloquents : ils montrent que l’intensité de la perte de poids est fortement associée à l’amélioration des caractéristiques histologiques de la NASH (voir table ci-dessous).

Perte de poids< 5% 7 % 10 %> 10 %
Résolution de la NASH10 %26 %64 %90 %
Régression de la fibrose45 %38 %50 %81 %
Amélioration de la stéatose35 %65 %76 %100 %
Patients ayant perdu du poids70 %11 %9 %10 %

L’intérêt du programme RNPC® dans la NASH

Si toutes ces études démontrent les bénéfices que peuvent attendre les patients atteints de NASH en perdant du poids, le problème reste entier quant à la méthode à adopter pour y parvenir. En effet, malgré les efforts déployés par les cliniciens pour obtenir les meilleurs résultats possibles lors de la réalisation d’un protocole clinique basé sur une intervention diététique (suivi régulier, séances de groupe, éducation nutritionnelle, coaching personnalisé…), force est de constater que la perte de poids atteint 10 % du poids initial chez un pourcentage très faible de patients (seulement 10 % dans l’étude décrite ci-dessus). Or, c’est justement pour une perte de poids supérieure à 10 % du poids initial qu’on observe les taux les plus élevés de rémission (90 %), de régression de la fibrose (81 %) et d’amélioration de la stéatose (100 %).

Une étude franco-danoise évaluant l’efficacité du Programme RNPC a été réalisée en collaboration avec l’équipe du Pr Astrup, expert de renommée mondiale pour ses recherches sur la nutrition et la prise en charge de l’obésité, et directeur du département Exercice, Nutrition et Sports à la Faculté de Science de Copenhague. Les résultats, publiés dans le journal scientifique international Obesity Medicine [3], montrent que, sur les 12 179 patients ayant suivi le Programme RNPC, 89 % ont achevé la phase d’amaigrissement, au cours de laquelle ils ont perdu en moyenne 11 % de leur poids initial. Par ailleurs, les données métaboliques des 10 809 patients ayant complété la phase d’amaigrissement du Programme RNPC ont été analysées afin de déterminer les effets de la perte de poids obtenue grâce au programme sur les paramètres de la NASH [4] : 78 % des patients qui présentaient un risque élevé de NASH avant de commencer le Programme RNPC ont vu celui-ci considérablement diminuer avec la perte de poids.

Conclusion

  1. C’est le nombre actuel d’essais de molécules dans le traitement de la NASH. Le chiffre a été cité par plusieurs intervenants, lors du congrès de l’European Association for the Study of the Liver (International Liver Congress 2017). Sans doute s’agissait-il de rappeler que les médicaments ne sont pas, en principe, indispensables dans cette indication : les mesures hygiéno-diététiques ont une efficacité sur la stéatose et la fibrose confirmée depuis plusieurs années, raison pour laquelle elles sont toujours recommandées en première intention avant l’instauration de tout traitement médicamenteux. Ainsi, les spécialistes l’affirment, l’obtention d’une perte de poids d’au moins 10 % du poids initial est l’objectif à atteindre et à conserver pour espérer une résolution complète de la NASH.

Références

[1]   Lassailly G, et al. Bariatric surgery reduces features of non-alcoholic steatohepatitis in morbidly obese patients. Gastroenterology 2015;146:79-388.

[2]   Vilar-Gomez E, et al. Weight Loss Through Lifestyle Modification Significantly Reduces Features of Nonalcoholic Steatohepatitis. Gastroenterology. 2015;149(2):367-78

[3]   Thorning TK, et al. Weight loss and weight loss maintenance efficacy of a novel weight loss program: The retrospective RNPC® cohort. Obesity Medicine 2018;10:16–23

[4]   Christensen L, et al. Metabolic improvements during weight loss: The RNPC® cohort. Obesity Medicine 2019;14:100085

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